L’efficacia didattica in banlieue. Il modello Drancy

by gabriella
Drancy

Jérémie Fontanieu nella sua classe di Drancy

Potrebbe essere considerato il successore di Pennac questo venticinquenne parigino che si è inventato un modo per portare al successo scolastico i ragazzi di periferia, cioè studenti in gravi situazioni di svantaggio, distratti da situazioni familiari drammatiche e privi di motivazione-speranza di riscatto sociale o personale. Quel tipo di studente che riempie, ormai, anche le classi delle scuole italiane, giusto con meno implicazioni etniche.

Il prof. Fontanieu insegna economia e scienze sociali a Drancy – cittadina alla periferia nord di Parigi nota per essere stata lo snodo ferroviario principale per Auschwitz. Il suo metodo spicca per realismo e assenza di cornici pedagogiche: si limita ad insegnare con passione, arricchendo le sue lezioni di stimoli eterogenei, puntando tutto sulla cooperazione sinergica famiglia-scuola (contando sulla particolare sensibilità di quelle immigrate), sulla verifica settimanale degli apprendimenti, sulla semplicità e ripetitività dei compiti, calibrati senza fretta sulle reali capacità degli allievi.

Sembra aver capito a perfezione il significato della tesi di Vaneigem che «il lassismo non è il soffio della libertà, ma il fiato della tirannia», e non poteva essere che un giovane precario. Ne parla questa settimana Le Monde.

Jérémie Fontanieu, professeur de sciences économiques et sociales au lycée Delacroix à Drancy (Seine-Saint-Denis) a vingt-cinq ans, ce prof tout juste débarqué dans le «93» – par choix-, a décidé de se fixer un objectif de 100% de réussite au bac. A un mois des premières épreuves, il semble en passe de réussir. Une gageure dans ce lycée de banlieue à la réputation peu flatteuse.

Ce jeudi 23 mai, la classe est lancée dans les révisions. Au programme, un cours sur la justice sociale. Ils sont trente assis dans une petite salle. Avec ses grands, ses petits, ses noirs de peau ou basanés, ses filles et garçons aux vies compliquées souvent, la terminale 2 est une classe typique de cette ville populaire. Durant une heure, les élèves vont à tour de rôle lire à haute voix leurs notes pour structurer leur fiches. Rawls, Hayek, Bourdieu et même l’économiste Piketty…, les noms de référence défilent au gré des énoncés. Bougeant sans cesse, s’exprimant autant avec sa voix qu’avec ses mains, le jeune prof décrypte, interrompt pour demander une explication, précise les termes, se moque gentiment d’une expression, prend des exemples qui parlent aux élèves, répond aux interrogations, insiste sur le vocabulaire et d’un coup : «Vous êtes avec nous Madame?» à l’adresse d’une élève dont le regard s’envole par la fenêtre.

«Je comprends mieux et j’apprends bien»

La classe est calme, studieuse. A l’exception d’une jolie métisse prise par une irrépressible envie de dormir. L’après midi a déjà été éprouvante avec son épreuve de bac blanc d’espagnol et le cours d’EPS. Elle se redresse pourtant. Jérémie Fontanieu se démène comme un beau diable et soudain s’exclame quand un élève qui n’intervient jamais répond à une question : « ça fait plaisir!» et la classe jubile. Tout d’un coup, on se dit qu’on aurait rêvé d’assister à un cours comme celui-là. « Il ne fait pas juste un cours. Il s’investit, il parle d’autres sujets pour nous impliquer », témoigne Yoana, une grande noire aux fines tresses. « Je comprends mieux et j’apprends bien », continue David , un petit costaud aux yeux bridés. « On est captivé », confirme Doriane.

Ces élèves aux niveaux disparates, le jeune prof, ancien de Sciences-Po, les a découvert en septembre, peu motivés et pas du tout travailleurs. Ayant lu tout Pierre Bourdieu et Bernard Lahire, il savait la reproduction sociale de l’école, le plafond de verre pour ces enfants de banlieue et le déterminisme fataliste des enseignants. mais pas question de laisser faire. « Je voulais changer cette fatalité », dit-il d’un ton péremptoire. Sans recette pédagogique particulière, en tâtonnant, il s’est forgé une méthode à lui, faites de consignes simples et répétitives: relire ses cours tous les soirs et «bosser, bosser, bosser». Et si les élèves ne veulent pas travailler, il les forcera avec l’aide des parents.

La « méthode Fontanieu » dérange

Dés la rentrée, ces derniers sont invités avec empressement à assister à une réunion. le jeune homme n’y va pas avec le dos de la cuillère:

« je leur ai dit que leur enfant aurait le bac, qu’il pourra s’engager dans des brillantes études s’il travaillait mais que pour ça, j’avais besoin d’eux derrière”,

se souvient M. FontanieuTous les lundis matin, un QCM vient vérifier la leçon apprise ou pas. Ils sont corrigés dans les deux heures et notés sévèrement. Dés qu’un élève n’a pas bien répondu, ses parents sont prévenus par SMS. Heures de colle d’un côté, ordinateur ou Playstation confisqué de l’autre: les pressions ne laissent pas d’échappatoire, il faut travailler.

 « Les élèves se sont sentis cernés. Ils sont fait la gueule et puis s’y sont mis. Tous! »

Les notes ont suivi la courbe des efforts. La classe a progressé, les plus faibles comme les meilleurs. Jérémie Fontanieu ne donne jamais de devoirs écrits pour ne pas accroître les inégalités entre ceux qui ont des parents qui peuvent les aider et les autres. Mais à coup de sorties scolaires, d’un week-end d’intégration (avec une sortie à la fête de l’Humanité pour assister à un débat d’économistes), d’invitations de personnalités en classe, de consignes passées sur Facebook et un journal de classe, il a créé un esprit collectif, la « team TES2 ». Les parents reçoivent leur coup de fil ou SMS hebdomadaire mais de plus en plus souvent pour des encouragements et des félicitations. D’autres professeurs ont commencé à collaborer. Pas tous car la  « méthode Fontanieu» agace et dérange.

« Certains de mes collègues voient ça comme une remise en cause et attendent que je me plante», remarque le jeune prof, un brin orgueilleux.

« Ces élèves peuvent déchirer  »

Les ados, eux, en redemandent. Laura et Randa ont été repêchées en fin de première. Depuis le début de l’année, elles ont décollé.

« En voyant les résultats, on a vu qu’on n’était pas bête. Et le prof nous encourageait. On a fini par croire aussi en nous »,

explique la première, petite blonde menue. Tout sourire, M. Fontanieu boit du petit lait.

« Je suis juste un miroir. Quand ils travaillent ces élèves peuvent déchirer»,

feint-il de répondre. Le professeur principal s’est quand même beaucoup donné. Chaque semaine, deux heures sont consacrées aux envois de SMS et contact avec les parents. Lui y croit à son pari. En juin, la TES 2 aura son bac. Et d’affirmer sans complexe :

« Je suis là pour trente ans. On fera de ce lycée un des meilleurs du 93 parce qu’avec la confiance entre collègues et avec les parents, on peut changer le monde!» 


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