Commotion, il progetto di un’Internet libera da qualunque controllo. Il progetto di una rete “ombra” per difendersi dalla censura

by gabriella

Le Monde di oggi riferisce della nascita di Commotion: non un gadget qualunque, ma la possibile killer application di una comunicazione senza controllo totalmente gratuita, cioè (come spiega l’articolo) “l’utopia suprema degli hacker e dei militanti libertari del mondo intero”: Commotion consiste infatti in reti wireless collegate tra loro attraverso frequenze libere e raggiungibili senza linea telefonica.

Chi conosce l’architettura di Internet sa che la gratuità e la libertà di questo mezzo di comunicazione entrano sistematicamente in contraddizione con la controllabilità e la necessità di stipulare un contratto di accesso alla rete con un provider telefonico (ISP). Commotion sembra spazzare via questo limite…

LEMONDE | 30.08.11 | 17h28   •  Mis à jour le 30.08.11 | 18h44

Une vingtaine de jeunes gens finalisent un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s'appuyer sur aucune infrastructure existante.

Une vingtaine de jeunes gens finalisent un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s’appuyer sur aucune infrastructure existante. Conspiritech / Wikimedia commons

Una ventina di giovani realizzano un programma che permette la creazione di reti senza fili a banda larga, autonome al 100%, che funzionano su frequenze Wi-fi, senza appoggiarsi ad alcuna infrastruttura esistente.Un immeuble confortable et anonyme, au cœur de Washington, à quelques rues de la Maison Blanche. Dans une enfilade de bureaux au fond du 5e étage, une vingtaine de jeunes gens, surtout des garçons, travaillent discrètement, dans une ambiance à la fois studieuse et décontractée. Cette petite équipe, composée d’informaticiens, de juristes et de sociologues, est en train de réaliser l’utopie suprême des hackers et des militants libertaires du monde entier : un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s’appuyer sur aucune infrastructure existante – ni relais téléphonique, ni câble, ni satellite. Ils seront mouvants, horizontaux, entièrement décentralisés et échapperont à toute surveillance, car le trafic sera anonyme et crypté.

Un palazzo confortevole e anonimo, nel cuore di Washington, poco distante dalla Casa Bianca. In una sfilza di uffici in fondo al 5° piano, una ventina di giovani, soprattutto ragazzi, lavorano con discrezione, in un ambiente allo stesso tempo studioso e disinvolto. Questo piccolo gruppo, composto di informatici, giuristi e sociologi, sta realizzando l’utopia suprema degli hacker e degli attivisti libertari di tutto il mondo: un programma che permette la creazione di reti senza fili a banda larga che funzioneranno su frequenze Wi-fi, senza appoggiarsi su alcuna infrastruttura esistente – né ripetitore telefonico, né cavo, né satellite. Saranno mobili, orizzontali, totalmente decentralizzate e si sottrarranno a ogni sorveglianza, perchè il traffico sarà anonimo e crittato.

Ce projet ambitieux – nom de code Commotion– est dirigé par Sascha Meinrath, 37 ans, militant de longue date de l’Internet libre et précurseur des réseaux citoyens – au sein du collectif de journalistes en ligne Indymedia, puis à l’université d’Urbana-Champaign (Illinois), un des berceaux du logiciel libre, et dans diverses start-up et ONG d’action sociale : “J’ai bricolé mon premier réseau autonome il y a dix ans. Les antennes étaient faites avec des boîtes de conserves.” Depuis ces temps héroïques, Sascha Meinrath a fait du chemin. Dans sa version actuelle, Commotion est un projet très officiel. Il est hébergé et financé par l’Open Technology Initiative (OTI), département high-tech de la New America Foundation, organisme prestigieux consacré à l’étude des grands problèmes de la société américaine, et présidé par Eric Schmidt, l’un des patrons de Google.

Questo ambizioso progetto – nome in  codice Commotion – è diretto da Sascha Meinrath, 37 anni, militante storico dell’Internet libera e precursore di reti civiche all’interno del collettivo di giornalismo indipendente online Indymedia, poi all’Università di Urbana-Champaign (Illinois), una delle patrie del software libero, e in diverse start-up e ONG d’azione sociale: “ho realizzato la mia prima rete autonoma dieci anni fa. Le antenne erano fatte con le scatole di conserva”. Da quei tempi eroici, Sascha Meinrat ne ha fatta di strada. Nella sua versione attuale, Commotion è un progetto assolutamente ufficiale. E’ patrocinato dall’Open Technology Initiative (OTI), dipartimento hi-tech della New America Foundation, organismo prestigioso dedito allo studio dei grandi problemi della società americana e presieduto da Eric Schmidt, uno dei dirigenti di Google.   

Grâce à cette tutelle, Sascha Meinrath dispose d’un budget annuel de 2,3 millions de dollars (1,6 million d’euros), auxquels est venue s’ajouter une subvention exceptionnelle de 2 millions, octroyée par le département d’Etat. En effet, les diplomates américains s’intéressent de près à la technologie des réseaux sans fil autonomes, légers et faciles à installer. Ils espèrent les déployer bientôt sur le terrain dans diverses situations d’urgence : dans des zones dévastées par une guerre ou une catastrophe naturelle ; dans les régions les plus déshéritées de la planète, où les populations sont privées de moyens de communication modernes ; et, enfin, comme “outil de contournement” dans des pays dictatoriaux, pour aider les dissidents politiques à communiquer entre eux et avec le reste du monde, en déjouant la surveillance policière et la censure. “Fin 2010, se souvient Sascha Meinrath, j’ai appris un peu par hasard que le département d’Etat avait décidé d’aider ce type de recherches. Nous avons déposé un dossier, en concurrence avec d’autres organisations, et nous avons été choisis. Les autres projets s’appuyaient en partie sur les infrastructures existantes, alors que Commotion les court-circuite entièrement.”

Grazie a questa tutela, Sascha Meinrath dispone di un budget di 2 milioni e trecentomila dollari (più di un milione e mezzo di euro) ai quali si è aggiunta una sovvenzione eccezionale di 2 milioni, erogata dal Dipartimento di Stato. In effetti, i diplomatici americani di interessano particolarmente alla tecnologia delle reti autonome senza fili, leggere e facili da installare. Essi sperano di impiegarle presto sul campo in diverse situazioni d’urgenza: in zone devastate da una guerra o da una catastrofe naturale; nelle regioni più diseredate del pianeta, dove le popolazioni sono prive di mezzi di comunicazione moderni e, infine, come “strumenti di aggiramento” nei paesi governati da dittature, per aiutare i dissidenti politici a comunicare tra loro e con il resto del mondo eludendo la censura e la sorveglianza della polizia. “Alla fine del 2010 – ricorda Sascha Meinrath – ho saputo un po’ per caso che il Dipartimento di stato aveva deciso di sostenere questo tipo di ricerca. Abbiamo presentato un progetto, in concorrenza con altre organizzazioni e siamo stati selezionati. Gli altri progetti si appoggiavano in parte sulle infrastrutture esistenti, mentre Commotion le bypassa completamente”.

“LE SEUL OUTIL À APPORTER SUR LE TERRAIN, C’EST UNE CLÉ USB”

La subvention fédérale n’a pas suffi à transformer l’équipe de Commotion en fonctionnaires. Josh King, 28 ans, le responsable technique, a gardé son look très rebelle – vêtu de noir de la tête aux pieds, avec chaîne, piercing et cheveux en bataille… Son bureau est encombré d’appareils de toutes sortes, sur lesquels il fait des tests approfondis, car Commotion doit pouvoir fonctionner avec un assemblage hétéroclite. Ses logiciels transforment un routeur Wi-Fi ordinaire, un simple PC ou un smartphone en relais intelligents, capables de connaître en temps réel la configuration du réseau, et de trier les données pour les envoyer vers leurs destinataires, ou vers un autre relais, plus proche du but. Par ailleurs, Commotion peut être facilement raccordé au reste du monde : il suffit qu’un seul des appareils soit connecté à Internet pour que tous les autres profitent de l’accès. “En fait, résume Josh King, le seul outil indispensable à apporter sur le terrain, c’est une clé USB contenant les logiciels, qui doivent être installés sur chacun des appareils appelés à faire partie du réseau.” Depuis le printemps 2011, OTI propose des éléments de Commotion en téléchargement libre sur Internet. Une version de travail complète sera disponible en septembre, afin que des experts de tous les pays puissent l’étudier et faire des suggestions. Sascha Meinrath ne sait pas exactement qui télécharge quoi, car il ne garde aucune trace des internautes venant sur le site : “Si nous conservions une liste de nos visiteurs, nos serveurs pourraient être piratés par différents gouvernements – y compris le nôtre.”

Il solo strumento da portare sul campo è una chiave USB

La sovvenzione federale non è riuscita a trasformare il team di Commotion in funzionari. Josh King, 28 anni, il responsabile tecnico, ha conservato il suo look ribelle – vestito di nero dalla testa ai piedi, con catene, piercing e capelli scompigliati .. il suo ufficio è pieno di apparecchi di ogni tipo, sui quali esegue test approfonditi, perchè Commotion deve poter funzionare con un assemblaggio eterogeneo. I suoi programmi trasformano un comune router Wi-fi, un semplice pc o uno smartphone in connettori intelligenti, capaci di riconoscere in tempo reale la configurazione di rete e di smistare i dati per inviarli verso i destinatari, o verso altri connettori, più vicini alla meta. D’altra parte, Commotion può essere facilmente raccordato al resto del mondo: basta che uno solo dei dispositivi sia connesso ad Internet perchè tutti gli altri vi abbiano accesso. “Infatti – riassume Josh King – il solo strumenti indispensabile da portare con sé è una chiave USB contenente il programma, che deve essere installato su ciascun dispositivo chiamato a far parte della rete”. Dalla primavera 2011, OTI propone degli elementi di Commotion da scaricare liberamente da Internet. Una versione beta completa sarà disponibile a settembre, perchè gli esperti di tutti i paesi possano studiarla e proporre suggerimenti. Sascha Meinrath non sa esattamente chi scarica cosa, perchè non conserva alcuna traccia degli internauti che visitano il sito: “Se conservassimo una lista dei nostri visitatori, i nostri server potrebbero essere piratati da diversi governi, compreso il nostro”.   

Récemment, OTI a reçu des messages de militants du “printemps arabe”, vivant en Egypte, en Syrie, en Libye, à Bahreïn et au Yémen : “Ils veulent se procurer Commotion, mais nous essayons de les dissuader. C’est trop tôt, il n’est pas sécurisé, ce serait risqué de s’en servir contre un régime répressif. Cela dit, si ça se trouve, des groupes clandestins utilisent déjà des versions provisoires, sans nous le dire. Certains interlocuteurs sont peut-être des agents au service des dictatures, mais peu importe, nous montrons la même chose à tout le monde.”

Recentemente, OTI ha ricevuto dei messaggi di militanti della “primavera araba” che vivono in Egitto, in Siria, nel Bahrein e nello Yemen: “Vogliono procurarsi Commotion, ma noi proviamo a dissuaderli. E’ troppo presto, non è ancora sicuro, sarebbe rischioso servirsene contro un regime repressivo. Detto questo, dei gruppi clandestini usano già delle versioni provvisorie, senza dircelo. Certi interlocutori sono forse degli agenti al servizio delle dittature, ma poco importa, noi mostreremo la stessa cosa a tutti”.

Sascha Meinrath se donne jusqu’à fin 2012 pour produire une version utilisable par le grand public. Pour aller plus vite, OTI s’approprie des systèmes mis au point par d’autres équipes. Pour la sécurisation, Commotion va intégrer les programmes du projet TOR (The Onion Router), inventé par une bande d’hackers allemands et américains pour circuler sur Internet en évitant d’être repéré. TOR a notamment été utilisé pour protéger les communications du site WikiLeaks –qui a divulgué en 2010 des masses de documents secrets appartenant au gouvernement des Etats-Unis. L’un des créateurs de TOR, l’Américain Jacob Appelbaum, fut un temps très proche de l’équipe de WikiLeaks. A deux reprises, en 2010, il a été arrêté par la police américaine, qui l’a interrogé sur ses activités au sein de WikiLeaks et a saisi ses téléphones et ses ordinateurs. Or, Jacob Appelbaum est aussi un ami personnel de Sascha Meinrath, qui fait appel à lui comme conseiller pour la mise au point de Commotion.

Sascha Meinrath si dà fino al 2012 per produrre una vaersione utilizzabile dal grande pubblico. Per andare più veloce, OTI si appropria dei sistemi messi a punto da altri gruppi. Per la messa in sicurezza, Commotion integrerà i programmi del progetto TOR (The Onion Router) inventato da una band di hacker tedeschi e americani per circolare su Internet evitando di essere rintracciati. TOR è stato utilizzato soprattutto per proteggere el comunicazioni del sito Wikileaks – che nel 2010 ha divulgato una quantità di documenti segreti del governo degli Stati Uniti. Uno dei creatori di TOR, l’americano Jacob Appelbaum, è stato in passato molto vicino al gruppo di Wikileaks. E’ stato arrestato due volte, nel 2010, dalla polizia americana che l’ha interrogato sulle sue attività all’interno di Wikileaks e ha sequestrato i suoi telefoni e il suo computer. Ora, Jacob Appelbaum è anche amico personale di Sascha Meinrath che conta su di lui per la messa a punto di Commotion.

Pour expliquer cette situation paradoxale, Sascha Meinrath évoque la “schizophrénie” du gouvernement fédéral : “Parmi les responsables de Washington, il y a encore des gens formés pendant la guerre froide, qui rêvent de tout bloquer et de tout surveiller, mais il y a aussi des jeunes arrivés avec Obama, qui sont partisans de la transparence et de la liberté d’expression. En privé, de nombreux fonctionnaires du département d’Etat étaient en colère de voir leur hiérarchie critiquer WikiLeaks aussi violemment. Selon eux, l’affaire aurait pu être l’occasion de montrer au monde que les Etats-Unis savent défendre la liberté d’expression et la transparence, en toutes circonstances.”

Per spiegare questa situazione paradossale, Sascha Meinrath evoca la “schizofrenia” del governo federale: “Tra i responsabili di Washington, c’è ancora gente formata durante la guerra fredda, che sogna di bloccare e sorvegliare tutto, ma c’è anche gente arrivata con Obama, partigiana della trasparenza e della libertà d’espressione. In privato, molti funzionari del Dipartimento di stato si arrabbiavano vedendo le loro gerarchie criticare così violentemente Wikileaks. Secondo loro, l’affare avrebbe potuto essere l’occasione per mostrare al mondo che gli Stati Uniti sapevano difendere la libertà d’espressione e la trasparenza, in ogni circostanza”.

A présent, Jacob Appelbaum participe à un vaste projet baptisé Freedom Box – un ordinateur basique et bon marché transformé en serveur crypté et sécurisé pour le grand public. Sascha Meinrath envisage d’intégrer Freedom Box au réseau Commotion, notamment pour bénéficier d’une fonction dite de “connexion différée” : “Par exemple, lors d’une manifestation réprimée par la police, un manifestant prend une photo avec un smartphone connecté à Commotion. Internet a été coupé ce jour-là dans le quartier par les autorités, la photo ne peut pas sortir du pays, mais grâce à Commotion, elle est stockée à l’abri, sur une freedoom box locale. Puis, dès qu’Internet est rétabli, la box envoie automatiquement la photo dans le monde entier.”

Al momento, Jacob Appelbaum partecipa a un vasto progetto battezzato Fredom Box – un computer semplice e a buon mercato trasformato in server crittatoe securizzato per il grande pubblico. Sascha Meinrath conta di integrare Freedom Box nella rete Commotion, soprattuto per beneficiare di una funzione detta di “connessione differita”: “per esempio, quando in una manifestazione repressa dalla polizia, un manifestante scatta una foto con uno smartphone connesso a Commotion. Internet quel giorno è staat tagliata nel quartiere dalle autorità, la foto non può uscire dal paese, ma grazie a Commotion, è stoccata al riparo, su una free box locale. Poi, quando Internet è ristabilita, la box invia automaticamente la foto al mondo intero”. 

LES ENTREPRISES DE TÉLÉCOMS, ENNEMIS POTENTIELS

OTI songe à intégrer d’autres appareils expérimentaux, qui permettront aux utilisateurs de partager des masses de fichiers lourds, de faire transiter sur Commotion des appels téléphoniques passés avec des mobiles ordinaires, de transmettre des données dans toutes les gammes de fréquences, et même d’interconnecter plusieurs réseaux voisins : “En juillet, raconte Sascha Meinrath, une équipe d’hackers en camionnette a monté un réseau éphémère, couvrant une zone de 60 km sur 30, à cheval sur l’Autriche, la Croatie et la Slovénie. C’est la preuve qu’on peut fournir une connexion Internet à toute une zone frontalière, sans être physiquement présent dans le pays.” Commotion n’est pas prêt pour un déploiement dans les zones à risque, mais il peut déjà être testé aux Etats-Unis – par exemple, dans les quartiers pauvres des grandes villes, dont les habitants ne peuvent pas se payer d’abonnement Internet classique. A Washington, à Detroit, et dans une réserve indienne californienne, l’OTI est entré en contact avec des associations de quartiers et des groupes militants qui avaient entrepris de créer des réseaux sans fil sauvages, pour offrir aux habitants des accès Internet gratuits. Grâce à son expertise et à son carnet d’adresses, l’équipe d’OTI a fourni à ces amateurs une aide technique et financière décisive.

LE AZIENDE TELEFONICHE, POTENZIALI NEMICHE

OTI sogna di integrare altri dispositivi sperimentali che permetteranno agli utilizzatori di condividere grandi quantità di file pesanti, di far transitare su Commotion delle chiamate telefoniche passate con comuni cellulari, di trasmettere dati in tutte le gamme di frequenza e anche di interconnettere più reti limitrofe. “In luglio, racconta Sascha Meinrath, un gruppo di hacker su una camioncino ha montato una rete transitoria che copriva una zona di 60 km x 30, a cavallo tra l’Austrai, la Croazia e la Slovenia, E’ la prova che si può fornire una connessione Internet a una zona frontaliera, senza essere fisicamente presenti nel paese”. Commotion non è pronto per lo sviluppo nelle zone a rischio, ma può già essere testato negli Stati Uniti – per esempio, nei quartieri poveri delle grandi città i cui abitanti non possono pagarsi l’abbonamento a Internet tradizionale. A Washington , a Detroit, e in una riserva indiana californiana, l’OTI è entrato in contatto con delle associazioni di quartiere e dei gruppi militanti che avevano cominciato a creare reti senza fili selvagge, per offire agli abitanti degli accessi Internet gratuiti. Grazie alla sua esperienza il gruppo di OTI a fornito a questi appassionati un aiuto tecnico e finanziario decisivo.

Cette fois, les ennemis potentiels sont les entreprises de télécoms, qui pourraient faire pression sur les autorités, pour qu’elles tuent ces initiatives citoyennes à coups de lois et de restrictions bureaucratiques. Sascha Meinrath est conscient de la menace : “Notre technologie va bousculer pas mal de choses, y compris aux Etats-Unis. Si les gens se mettent à construire leurs propres réseaux, le business model des groupes de télécoms va s’effondrer. Il faut s’attendre à ce qu’ils contre-attaquent brutalement.” Commotion devra aussi affronter l’hostilité des majors d’Hollywood, car il peut faciliter le piratage des œuvres sous copyright. Sascha Meinrath est à la fois fataliste et optimiste : “Que ce soit aux Etats-Unis, au Moyen-Orient ou ailleurs, qui va mettre en place ces réseaux alternatifs ? Pas des vieux, on le sait. Ce sont les ados qui vont s’en emparer. Ils s’en serviront pour contester l’ordre établi et aussi pour partager leur musique et leurs films. Ce sera peut-être négatif pour les détenteurs de droits, mais le bilan global sera très positif.”

Questa volta, i potenziali nemici sono le aziende telefoniche che potrebbero fare pressione sulle autorità perchè sopprimano queste iniziative civiche a colpi di leggi e di restrizioni burocratiche. Sascha Meinrath è consapevole della minaccia: “La nostra tecnologia sconvolgerà un bel po’ di cose, incluso qui negli USA. Se la gente si mette a costruire le proprie reti, i modelli d’affari dei gruppi telefonici crolleranno. Bisogna aspettarsi un contrattacco brutale”. Commotion dovrà affrontare anche l’ostilità delle major di Hollywood, perchè può facilitare la pirateria delle opere sotto copyright. Sascha Meinrath è al tempo stesso fatalista e ottimista: “Che sia negli Stati Uniti, nel Medio Oriente o altrove, chi installerà queste reti alternative? Non dei vecchi, si sa. Saranno gli adolescenti ad impadronirsene. Se ne serviranno per contestare l’ordine costituito e anche per condividere la loro musica e i loro film. sarà forse negativo per i detentori di diritti, ma il bilancio globale sarà molto positivo”. 

Yves Eudes

ll progetto: una rete “ombra” per difendersi dalla censura

Secondo Scientific American, il crescente controllo governativo e aziendale sulla Rete ne ha ormai compromesso la decentralizzazione. Un antidoto potrebbe venire dal mesh networking, sistema in cui tutti gli utenti diventano “staffettisti” dei dati. A patto di rinunciare alla pigrizia di GIULIA BELARDELLI

CREARE un web-ombra che sia immune a ogni bavaglio e sappia restituire a Internet il fascino della sua promessa originale: l’inarrestabilità. A questa missione, resa ancor più attuale dai recenti episodi di censura (dall’Egitto alla Siria), si dedica una piccola ma agguerrita comunità di attivisti digitali. Ad accomunarli è la convinzione che negli ultimi due decenni Internet abbia piegato la testa di fronte alle logiche commerciali del sistema ISP (Internet Service Provider), che ha concentrato nelle mani di poche grandi aziende il potere di gestire il traffico di enormi quantità di dati.

Nel suo numero di marzo, la rivista Scientific American accende i riflettori su una delle alternative a cui l’attivismo digitale crede di più: le cosiddette “wireless mesh network”, reti nelle quali gli utenti si collegano direttamente gli uni agli altri senza l’intermediazione di service provider. Lo sviluppo di queste reti (che in italiano possiamo definire “a maglia”) presenta diversi vantaggi, ma anche una serie di sfide che varia di volta in volta a seconda dell’utilizzo che se ne immagina. Questa variabilità emerge già nelle anime dei due progetti di mesh networking ad oggi più avanzati: Commotion (finanziato dal Dipartimento di Stato Usa) e FreedomBox (creatura figlia della Free Software Foundation). Come spiega chiaramente Julian Dibbell, autore dello speciale di Scientific American, non si tratta di ripartire daccapo (non sarebbe realistico), ma piuttosto di creare una Rete-ombra a protezione della stessa Internet e di tutti i suoi utenti.

La minaccia della censura. Secondo molti attivisti, il momento topico nella storia della censura di Internet ha una data precisa: il 28 gennaio 2011. Quella mattina il governo egiziano, dopo tre giorni di proteste anti-regime organizzate soprattutto su Facebook e altri social network, fece qualcosa che non si era mai visto prima: tolse la spina a Internet. Ancora oggi non si sa esattamente cosa accadde quel giorno, ma sembra che sia bastata una manciata di telefonate “ai numeri giusti” – quelli dei cinque più grandi Internet provider del paese – per lasciare il 93% della popolazione al “buio digitale”. Per fortuna, alla fine il blackout servì a poco: il giorno dopo Tahrir Square fu invasa da una folla enorme e i manifestanti ebbero la meglio. Si trattò però di una grande lezione sulla “vulnerabilità di Internet al controllo dall’alto”. Il pericolo era ormai sotto gli occhi di tutti.

Un altro esempio si è avuto durante la rivoluzione tunisina, anche se le autorità scelsero un approccio più mirato bloccando solo alcuni siti dall’Internet nazionale. Il governo iraniano, invece, durante le proteste post elettorali del 2009, rallentò il traffico in tutto il paese, piuttosto che fermarlo tout court. Senza parlare della Cina, dove il “Golden Shield Project” (il “Grande Firewall”) consente da anni al governo di bloccare qualsiasi sito gli sia sgradito. O ancora della Siria, che in questo preciso momento ostacola la libera circolazione delle informazioni con una fitta coltre di blocchi. Nelle democrazie occidentali – precisa Dibbell – il controllo non è certo a questi livelli, sebbene il consolidamento dei service provider abbia permesso a un ristretto gruppo di aziende di controllare porzioni sempre più grandi di traffico, dando ai privati la possibilità di favorire i propri partner a spese della concorrenza e rendendoli suscettibili alle lusinghe (o alle minacce) del potere.

La promessa tradita. Per capire la delusione degli attivisti nei confronti del volto odierno della Rete bisogna tornare alle sue origini, in particolare a quella decentralizzazione che ne fu uno dei principi ispiratori. Almeno in parte, infatti, Internet affonda le sue radici nell’epoca della Guerra Fredda, quando i due blocchi erano in cerca di un’infrastruttura così robusta da resistere persino a un attacco nucleare. Di qui la necessità (tecnicamente realizzata poi con il protocollo TCP/IP) di sviluppare un sistema che fosse capace di continuare a trasportare dati al di là di quanti nodi venissero bloccati e di quale fosse la causa (regime repressivo piuttosto che attacco nucleare). Secondo l’attivista per i diritti digitali John Gilmore, Internet, dotata di questa infrastruttura, sarebbe stata capace di “interpretare la censura come un guasto e per questo aggirarla”. Con il senno di poi, possiamo dire che le cose non sono andate esattamente così.

Internet centralizzata, i rischi. Negli ultimi due decenni, infatti, la Rete è cresciuta secondo il modello dei grandi Internet service provider, in cui la macchina del cliente non è più un nodo su cui fare affidamento, ma un ramo morto configurato solo per mandare e ricevere tramite macchine di proprietà del provider. In pratica – spiega ancora Dibbell – oggi la maggior parte degli utenti individuali esiste ai margini del network ed è connessa agli altri solo attraverso uno di questi provider: se il collegamento viene bloccato, per queste persone l’accesso a internet scompare. Piuttosto che rafforzare le difese immunitarie di Internet, insomma, il sistema ISP è diventato l’interruttore d’emergenza con cui spegnerla.

Scoprendo il mesh networking. È per contrastare questi pericoli che alcuni gruppi puntano sulle potenzialità dei “wireless mesh network” (reti wireless a maglie), semplici sistemi che connettono gli utenti finali gli uni agli altri e aggirano automaticamente ogni tipo di blocco e censura dando a tutti i nodi lo stesso peso. Il mesh networking è una tecnologia relativamente giovane, ma il suo principio è lo stesso che ha ispirato la nascita di Internet, ovvero l’instradamento di pacchetti di dati in modalità “store-and-forward” (“immagazzina e rinvia”), in cui ogni computer connesso alla rete è in grado non solo di mandare e ricevere dati, ma anche di fare affidamento sugli altri computer connessi. Una rete a maglie, in particolare, fa in modo che tutti gli utenti agiscano come “staffettisti” dei dati, abbandonando i panni del “consumatore di Internet” per vestire quelli del “provider fai-da-te”.

Commotion, l’Internet in valigia. Negli Stati Uniti il mesh networking è promosso soprattutto dalla New America Foundation, influente think tank che è riuscito a ottenere un finanziamento dal Dipartimento di Stato di 2 milioni di dollari per il suo progetto: Commotion 1. Il principale ideatore è Sascha Meinrath, ex studente della University of Illinois e fautore della Champaign-Urbana Community Wireless Network, una delle prime reti a maglia degli Usa. Nel 2005 portò la tecnologia nella Louisiana devastata dall’uragano Katrina, allestendo una rete mesh che riabilitò le telecomunicazioni lungo un’area di 60 chilometri all’indomani della tragedia.

“L’obiettivo a breve termine del progetto è sviluppare una tecnologia capace di circumnavigare ogni tipo di interruttore-killer o sorveglianza centrale”, ha spiegato Meinrath. Per questo, insieme ad altri progettisti, ha creato un prototipo chiamato “Internet in valigia”, un kit composto dallo stretto indispensabile per mettere in piedi delle comunicazioni wireless e sufficientemente piccolo da sfuggire a ben altre maglie, quelle dei controlli doganali. Una volta introdotto nel territorio di un governo repressivo, i dissidenti e gli attivisti sarebbero in grado di fornire una copertura Internet inarrestabile. Il sistema contenuto nella valigetta è abbastanza semplice da installare e utilizzare: secondo Meinrath, qualsiasi appassionato di tecnologia sarebbe capace di metterlo in funzione. L’obiettivo finale, però, è rendere il sistema ancora più accessibile alla maggioranza. Come? “Sintetizzando questo passaggio in una semplice applicazione che pigiando un tasto faccia diventare i nostri stessi dispositivi (computer, smartphone, tablet, wireless router, e così via) parte integrante dell’infrastruttura”, ha spiegato Meinrath.

FreedomBox, una lotta per la libertà. Ancora più rivoluzionario è FreedomBox 2, progetto avviato da Eben Moglen, professore di Legge alla Columbia University di New York. Anche in questo caso si tratta di un prototipo grande quanto un mattone e dal costo di 149 dollari (destinato, dicono i creatori, a scendere presto a meno della metà). Al di là della promessa di libertà della scatola, la vera rivoluzione è nei codici di programmazione che si porta dietro: se inseriti nelle CPU dei diversi dispositivi, questi diventerebbero infatti delle FreedomBox a pieno titolo. In questo modo – immagina Moglen – ogni oggetto dotato di indirizzo IP (tra cui anche i più recenti frigoriferi) potrebbe entrare in rete e aprire di fatto la porta alla decentralizzazione non solo del traffico delle comunicazioni, ma anche dei dati stessi, rendendo così realtà l’Internet delle Cose 3. Ovviamente si tratta di uno scenario ipotetico, la cui fattibilità dipenderà dalla “volontà politica delle nuove generazioni”.

La condanna, qui, è anche per servizi cloud come Facebook e Google, che secondo gli attivisti minacciano la privacy e la libertà d’espressione almeno quanto la concentrazione del traffico nei service provider. La speranza di Moglen e colleghi è che i giovani si rendano conto che non vale la pena barattare privacy e libertà in cambio della facilità di utilizzo, e che scelgano di dare vita a un movimento politico per certi versi somigliante a quello ambientalista. Di strada da fare ce n’è molta – ammettono dalla FreedomBox Foundation – ma a quanto pare ci sono schiere di giovani programmatori pronti a darsi da fare. Se davvero ci sarà un web-ombra, d’altronde, spetterà a loro il compito di costruirlo, mattone dopo mattone.

http://www.repubblica.it/tecnologia/2012/02/18/news/web_ombra-29873354/?ref=HREC2-39


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